1 - Les origines de la Congrégation
Durant tout le 17ème siècle des communautés de femmes se consacrant au service des pauvres se développent en France, sous la double influence de la Contre Réforme
et du rayonnement de l'action de Saint Vincent de Paul, dont l'exemple suscite à travers le pays un vaste élan de générosité. Pour la prise en charge des hôpitaux, où converge alors, en l'absence
d'autres structures, la détresse des populations (malades, invalides, vieillards, mais aussi mendiants, miséreux de passage, enfants trouvés), les administrateurs faisaient appel à de jeunes
femmes catholiques, volontaires et dévouées. Autour des plus pieuses et engagées se regroupaient d'autres femmes : un projet de vie commune se faisait jour, autorisé par l'évêque ; une communauté
faisant voeu de chasteté et de "stabilité au service des pauvres" naissait. Dans bien des cas, à l'ombre de ces hôpitaux se sont aussi établies les premières écoles féminines ainsi que des
orphelinats et "refuges" pour la préservation des jeunes, pris en charge par ces mêmes communautés de femmes.
Les Soeurs de Sainte Marthe sont nées de ce mouvement, en particulier de l'engagement de trois femmes originaires d'Angoulême : les soeurs Juilhard, installées à Périgueux dans les années 1640,
et leur cousine, Hélie Guillebauld, fondatrice de la Congrégation hospitalière de l'Hôtel Dieu d'Angoulême en 1654. Instrument de charité, de christianisation et d'éducation, la communauté de
Sainte Marthe a essaimé en Angoumois, Saintonge, Périgord, et au fil des siècles ailleurs en France et même à l'étranger (Grande-Bretagne, Espagne, Belgique, Argentine, Cameroun).
2 - Les Soeurs de Sainte Marthe et l'enseignement
Dans le courant du 19ème siècle la vocation éducative s'affirme fortement, surtout après 1850 et la loi sur la liberté de l'enseignement. Ainsi l'évêque d'Angoulême, Mgr Cousseau demande-t-il aux
Filles de Sainte Marthe, hospitalières par leur fondation, de se consacrer aussi à l'éducation des jeunes filles ; il obtient du gouvernement par décret du 26 janvier 1860, la reconnaissance des
statuts modifiés de la Congrégation, désormais à la fois hospitalière et enseignante. La Supérieure, Mère Saint Marc, pousse les Soeurs à prendre le brevet nécessaire pour l'enseignement et en
quelques années, la Congrégation ouvre nombre de pensionnats et de petites écoles destinés aux filles aisées ou non des villes et des campagnes, où elle donne avec l'instruction une solide
éducation chrétienne.
La principale maison d'éducation de Sainte Marthe dans le diocèse est alors le pensionnat d'Angoulême, créé en 1872, installé à l'angle des actuelles rues François 1er et Guérin, dans un immeuble
avec cour séparée d'un jardin par un magnifique portail renaissance, toujours visible aujourd'hui. En peu de temps, les succès scolaires et sa formation religieuse lui valent une excellente
réputation et il est fréquenté par les enfants des "meilleures" familles, et même des jeunes filles venues de l'étranger, d'Espagne notamment.
Pourtant, l'hostilité de la 3ème République à l'enseignement catholique conduit au début du 20ème siècle à l'expulsion des religieuses enseignantes et la fermeture des établissements dépendants
des Congrégations, dont le pensionnat d'Angoulême en juillet 1910, aussitôt transformé en clinique "Sainte Marthe".
La Congrégation ne renonce cependant pas à sa mission : certaines Soeurs, à la demande de la hiérarchie, se sécularisent et deviennent alors des "demoiselles enseignantes", dans le cadre
d'établissements privés.
En 1938, les Soeurs de Sainte Marthe prennent en charge l'école du Sacré Coeur de la rue du Minage à Angoulême, alors en difficulté : c'est le début du lien direct entre notre établissement et la
Congrégation.
En 1969 s'effectue l'union des Congrégations de Sainte Marthe de Périgueux, Angoulême et Romans, auxquelles se sont jointes en 1971 celles de la "Doctrine chrétienne" et du "Bon Pasteur de la
Visitation" de Bordeaux. C'est la naissance de l'actuelle Congrégation des Soeurs de Sainte Marthe et notre lycée relève aujourd'hui de ce vaste ensemble dont le siège est à Périgueux.